#MeToo ?

Photo : Bogo Vatovec 
Non, je ne vais pas vous raconter une énième histoire de harcèlement sexuel. Je crois que l’on en a tous lu, ou entendu, plus qu’on ne le voulait ces dernières semaines. Je suis forcément choquée, mais pas franchement surprise. Je connais peu de femmes qui n’ont pas subi la violence et la domination, non consentie, de la part de certains hommes. 

Moi aussi : Je me souviens de cette fois où, dans un bar avec mon petit-ami de l’époque, je me suis faite draguer par le mec d’à côté, pas gêné pour un sou que je sois accompagnée, et qui après que je lui ai poliment demandé de me fiche la paix, s’est octroyé le droit de m’attraper les fesses. Ma réaction ne s’est pas fait attendre, immédiate, presque instinctive : je lui ai explosé mon verre sur la figure, et encore un peu, c’est moi qu’on foutait dehors après ça. Je me souviens de ma maman agressée dans le métro, et la passivité des passants. Je me souviens de cette copine que j’ai accompagné chez les flics après qu’elle ait reçu les coups de son mec, je me souviens cette jeune fille complètement traumatisée après s’être fait violer. Je me souviens de tant et tant de sordides histoires que ça en devient écoeurant

Certains hommes abusent des femmes et de leur pouvoir, et je comprends leur révolte et leur colère, je comprends leur ras-le-bol et je les soutiens, mais je suis peinée de voir l’ampleur que prend toute cette histoire. C’est comme si il fallait désormais que toute femme soit victime, et tout homme son bourreau. Et quiconque oserait penser ou parler différemment serait immédiatement condamné bûcher (n’est-ce pas Catherine Deneuve?). 

Le problème, c’est que comme disait MLK, on ne chasse pas l’obscurité par l’obscurité, ni la haine par la haine : seuls l’amour et la lumière le peuvent. Alors, quand je lis tous ces témoignages et que j’en arrive presque à la conclusion que le mâle est toujours dominant; je me dépêche de rallumer une petite lueur d’espoir dans mon coeur et dans ma tête. Je me souviens de tous les hommes que j’ai connu et côtoyé tout au long de ma vie. D’abord, de la figure paternelle qui m’a élevée et puis tous ceux que j’ai connu et côtoyé tout au long de ma vie. Que ce soient mes potes qui m’ont toujours protégée comme leur petite soeur, ou de celui qui m’a appris le métier, et puis, plus tard, le premier à m’avoir appris que je pouvais être gentille et aimable. Celui grâce à qui j’ai enfin réussi à m’aimer, et puis celui qui a remis un sourire sur mon visage. Cet autre qui m’a réconciliée avec le sexe et puis celui qui m’a ré-appris à manger après tant d’années de TCA. Et tant d’autres. Au final, certains hommes m’ont fait souffrir, d’autres m’ont fait grandir et je ne peux que les remercier.  

C’est pour ça que je n’aime pas me décrire comme féministe ; je suis pronfondément humaniste. Le mal n’a ni sexe, ni genre. Il y a des hommes biens et d’autres qui ne le sont pas. Est-ce une question d’éducation ? Je remarque que depuis que je suis en Allemagne, je ne suis plus confrontée à ce harcèlement quotidien. Plus personne ne me siffle dans la rue, ni ne me traite de pute parce que je n’ai pas répondu à leur “vas-y mademoiselle t’es charmante”. Idem dans les bars : aucun mec ne m’a payé un verre attendant de fait que je rentre avec lui. Je marche dans la rue en jupe ou en short, sans crainte de me faire agresser ou violer. Je suis beaucoup plus libre qu’à Paris. Quand j’y pense, les allemands sont aussi les seuls à avoir gardé une femme à la tête de leur pays aussi longtemps. 

Peut-on dire que les allemands sont féministes, ou tout du moins qu’ils placent la femme à leur égal et les respectent ? Peut-être aussi parce qu’ils n’ont aucun problème à assumer leur sexualité débridée, sans être frustrés et qui dit frustration dit souvent pulsion. Les allemands sont pour le moins cash mais rarement violents, et n’ont pas franchement les mains balladeuses (en public, en tout cas). Jamais personne ne m’a touchée dans le métro ou dans le bus, vous allez me dire : ça ne fait que quelques mois. D’accord, mais à Paris ça m’était arrivé dès la première semaine. J’en arrive donc à la conclusion qu’il y a des hommes biens, et d’autres capables du pire. Mais ne faîtes pas payer aux uns, les erreurs des autres, en les mettant tous dans le même panier. Car s’il y a bien une chose dont je suis certaine, c’est celle-ci : les femmes sont toujours capables du meilleur.

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This is not another story about sexual harassment. I think we have all read and heard too much of it lately. Of course, I am shocked but unfortunately not so surprised. Most of the women I know have been sexually harassed by men.

Me too : I remember that time when I was in a bar with my ex boyfriend and a guy came and flirt with me, while I was politely asking him to leave me alone. Not ashamed by the fact that I was obviously not single, he gave himself the right to grab my ass. My reaction was immediate and instinctive : I just smashed my glass in his face, and they almost throw me out of the bar for that. I remember my mom being harassed in the subway - and everyone passiveness - and briging one of my friend to the police after her boyfriend beat her up. I remember that young troubled raped girl. I remember so many stories it makes me sick.

Some men do abuse women because they have the power, and I understand that their rage and anger, and I support them but I am sad to witness how far everything is going. It’s like, right now, every women has to be a victim and every men their persecutor. And they would burn anyone who think differently (right, Catherine Deveneuve ?).

The problem is, as MLK used to say : darkness cannot drive out darkness, nor hate drive out hate, only love and light can do that. So when I read all this stories, I can’t help myself but wonder : Is evil really masculine ? If I remember well, yes, some men hurted me but some others also help me grow and I thanks them for that. I remember my dad raising me, and all my friends protecting me as their own little sister. I remember the man who taught me how to work and the one who showed me love. The first one to show me I could be nice and lovable, and the other one who put a smile back in my face. That other one who reconcilie me with sex, and the one who helped me eat again, after so many years starving myself to death.

That’s maybe why I dislike calling myself a feminist, because I am deeply humanist. To me, evil has no sex or gender. There are men that are good, and some that are not. Is this a question of education ? I have noticed since I am in Germany, I am free from the daily harassment I was victim of in France. No one is whistling at me in the street anymore, or calling me a whore because i don’t answer when they ask for my number. No one here is buying you a drink expecting you to have sex with them. I could walk down the street with my tight skirt and mini short without fear. I feel much safer than in Paris. Think about it : Germany is the only country to have a woman at the head of their country for such a long time.

Are german feminists ? At least, they respect and consider women as their equal. Maybe because assuming their wild sexuality, without any frustration, prevents them from out of control pulsions ? For sur, german are very direct and straight to the point, but rarely have candering hands (at least, not in public). Never have I ever been touched in the bus or the subway, and you can say that it’s only because it’s a few months that I am here, but I remember in Paris, it happens the very first week.

At the end, I have come to the conclusion that there are definitely some good men, while some are capable of the worse. But don’t make the first one, pay for the others mistakes by putting them all in the same box. Because if there is one thing I am sure of : woman can do so much better.