Berlin : Teufelsberg, la Montagne du Diable



J'avais lu et entendu beaucoup de choses au sujet de Teufelsberf, aka la Montagne du Diable, avant de m'y rendre, notamment qu'elle était difficile d'accès et pratiquement invisitable, à moins de s'y faufiler en douce. C'était peut-être vrai il y a cinq ans, mais ça ne l'est plus aujourd'hui même s'il faut effectivement s'armer de patience pour la retrouver au milieu de l'immense forêt de Grunewald !

On aura marché pas moins de dix kilomètres, nous perdant complètement dans les bois, avant de retrouver notre chemin grâce à un vieux marcheur qui nous a indiqué la route - et qui nous a flanqué une bonne trouille en nous suivant à une vitesse folle - pour finalement nous mener à bon port. Mais l'exploration fait partie du jeu, qui je vous l'assure en vaut la chandelle.

Une fois parvenue tout en haut de la colline, artificiellement érigée par les alliés après la seconde guerre mondiale avec les gravats de Berlin, on a enfin pu partir à la découverte de l'ancienne station d'espionnage destinée à écouter les signaux en provenance du bloc de l'Est, en particulier la RDA et l'URSS. Bon, j'en reste là pour la petite histoire car ce qu'il y a de vraiment passionnant c'est la visite de l'ancien observatoire, devenu une oeuvre d'art à lui tout seul

A l'intérieur se succède des graffs tous plus beaux les uns que les autres, c'est le paradis du street-art typiquement berlinois. Au pied de la tour, un petit bar avec des sièges en palette, au sous-sol un genre de mini-musée qui remet brièvement les choses dans leur contexte. Puis vient le moment de l'ascension, d'abord dans les étages du bâtiment qui regorge ça et là d'un beau bazar : balançoire, corde, canapé et autres télés abandonnées au milieu des dessins d'artistes. Autant dire que nous sommes émerveillées ! 

Je ne vous parle pas de la vue une fois passé un étroit escalier plongé dans le noir complet. La colline mesure à elle seule 120 mètres de haut et le pic de la tour d'observation est le plus haut point de Berlin. Le panorama y est donc à couper le souffle ! A l'intérieur de la plus haute coupole, l'ambiance est mystique, chacun de nos mots se transforme en un écho voilé qui résonne à l'infini. Il paraît même qu'ils y organisent des Jam Session et des séances de cinéma en plein-air certains mercredi soir. Je ne peux que vous conseiller d'aller y faire un saut :)

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Art of Banksy à Berlin : L'expo Controverse



Après Antwerp, Istanbul ou encore Amsterdam et Melbourne, The Art of Banksy s'exporte à Berlin. L'ancien agent et ami du roi du street-art, le collectionneur Steve Lazarides, expose (mais sans le consentement de l'artiste à priori) 80 pièces, des plus emblématiques et incontournables à d'autres moins connues. 

L'emplacement est judicieusement choisi puisque c'est entre le Memorial de Berlin et la Tour de Brandebourg que le grand public est invité à venir découvrir le travail du peintre et graffeur, dont la véritable identité demeure toujours un grand mystère (à tel point que certains fans sont allés jusqu'à imaginer que ce soit Robert Del Naja, un membre des Massive Attack, qui se cache derrière, une théorie depuis réfutée par le leader du groupe). Impossible donc pour les touristes de rater le coche, et passer à côté de la cultissime Fille au Ballon Rouge. 

Ce qui explique, en partie, que l'exposition puisse faire polémique. Banksy, qui combine les techniques de Warhol et l'oeuvre in situ pour faire passer ses messages libertaire, antimilitariste, anticapitaliste et antisystème, apprécierait-il vraiment de voir son oeuvre commercialisée de la sorte ?Doit-on payer (17,5 euros l'entrée) pour s'extasier devant un art de rue dont la qualité première est d'être offert au public sans contrepartie aucune ?

La question fait débat, mais toujours est-il que l'exposition vaut le détour (selon moi) puisqu'elle détaille avec minutie le travail de Banksy, dont la carrière et la côte n'a cessé d'exploser depuis les années 2000. L'occasion d'apprendre, par exemple, que celui qui graffe habituellement les murs de Londres, New York et même Gaza (en Palestine) est aussi peintre, sculpteur et réalisateur (à priori originaire d'Angleterre), et s'est amusé à détourner le disque de Paris Hilton avant de s'attaquer à Kate Moss (on a les icônes qu'on mérite).  

Sans rentrer dans la controverse, je vous laisse vous faire votre propre avis sur la question avec quelques photos de l'expo. Si vous souhaitez acquérir des oeuvre de Banksy - qui se vendent aujourd'hui quelques centaines de milliers d'euros, voir un bon million dans des salles d'enchères réputées - vous pouvez toujours voir directement avec le curateur de l'exposition, ou faire un saut à la boutique souvenir de l'échoppe ;)

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