Palais de Tokyo : Itinéraire d'un amour

 

Je me souviens de la première fois où j'y mis les pieds au Palais de Tokyo. Je m'attendais à un musée tout ce qu'il y a de plus classique et, forcément, je n'ai pas été déçue du voyage. J'étais ressortie de là complètement déboussolée, presque énervée d'avoir payé pour me demander si l'extincteur posé au milieu de la pièce faisait partie de la pseudo-oeuvre d'art exposée, ou non - il s'avérait que non, au final - et je m'étais dit que, plus jamais, j'y retournerai. 

Mais comme il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, et que les goûts et les couleurs changent quand on grandit, j'ai fini par y revenir. Il y a quelques mois, on s'est fait l'exposition Carte blanche - qui n'avait d'exposition que le nom - et je m'étais réjouie de pouvoir discuter et philosopher sur des thèmes complètement éloignés de ce quotidien parisien qui m'insupporte. Ça m'a réconciliée avec le lieu, et quand j'ai vu qu'une nouvelle exposition était organisée ce mois-ci, j'étais ravie. 

Mieux encore : j'étais terriblement excitée à l'idée de découvrir les installations loufoques et décalées que j'allais y découvrir. Et je n'ai pas été déçue cette fois-ci, puisque je venais justement pour ça. Le Palais de Tokyo sort toujours des sentiers battus, c'est souvent complètement incongru et c'est pour ça que j'adore : parce que chacun y voit ce qu'il a bien envie d'y voir. Et qu'on y passe souvent un très bon moment car il n'est pas pris d'assaut, qu'il est tellement spacieux qu'il en devient aérien et que, en apparence, rien ne rime à rien. 

Du 3 février au 8 mai prochain, le Palais de Tokyo met en avant un groupement d'exposition qui, officiellement, "interroge le pouvoir parfois absurde que nous avons sur les objets". En réalité, il faut vraiment se creuser la tête pour comprendre ce que les artistes veulent montrer mais c'est moderne, original et toujours inattendu. On y trouve de tout, des oeuvres en images ou sonores, des films et autres installations loufoques, des reportages,  des projections ect.

Taro Izumi présente des sculptures capables de recréer les postures parfois acrobatiques de sportifs en plein action (parodie des corps), Mel O'Callaghan présente un reportage sur les hommes du nord-est de Bornéo qui partent dans les grottes de Gomantog pour la traditionnelle récolte de nids d'oiseaux (qui s'avère être un véritable rituel local pour prouver leur virilité), tandis qu'un autre volet est consacré au regard de mâchines pleines d'amour et de grâce (enfin pas toujours). Et bien sûr : mention spéciale à Abraham Poincheval qui a passé 13 jours dans un ours reconstitué et 1 semaine dans un rocher et s'apprête à couver des oeufs devant le public (dès le 29 mars je crois et jusqu'à éclosion). Je ne manquerai ça pour rien au monde !

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