Cancer et Dépression : Faire face à la maladie



C'est une histoire personnelle et très douloureuse que j'ai longtemps hésité à publier, 
mais si cela peut aider quelques personnes à sortir la tête de l'eau...

Du temps : Le ciel m'est tombé sur la tête quand j'ai appris que ma belle-mère puis ma mère avaient un cancer du sein. C'est l'incompréhension face à l'injustice de la vie, c'est la peur de la maladie et ce qu'elle implique : la mort. C'est l'angoisse au quotidien qui s'immisce dans le moindre petit recoin de votre vie et tout devient sombre et inquiétant. D'un coup tout bascule et l'innocence de l'enfance n'est plus. Il m'aura fallu au moins deux ans avant d'accepter la situation. J'en voulais à la terre entière et la colère m'a complètement dévorée. Pendant des mois, j'ai été odieuse et méchante parce que j'étais blessée et terrorisée. Parfois on n'est pas victime directement, mais on préférerait encore l'être plutôt que de voir souffrir les gens qu'on aime.

Des livres : Je l'ai dit un peu plus tôt, ce sont les livres qui m'ont sauvée. Après des mois à tout détruire autour de moi, j'ai décidé de chercher des réponses aux questions que je me posais et auxquelles personne ne pouvait me répondre. La vie, la mort, la maladie : quel sens donner à tout ça ? D'un coup, ce sont toutes mes croyances qui se sont effondrés et il a fallu reconstruire par-dessus. Et j'ai compris que c'est un peu ça, finalement, la vie. C'est une reconstruction perpétuelle après des épreuves parfois cruelles et injustes mais dont on peut sortir plus fort - si tant est qu'on s'en sorte. Rien ne dure : La vie est un apprentissage permanent, mais éphémère, et c'est sans doute ce qui fait sa richesse. Souvent, c'est face au pire qu'on se rend compte à quel point on peut être fort et capable de se battre pour changer les choses. La maladie parfois est synonyme de renouveau. Pour le meilleur et pour le pire.

La méditation : J'ai toujours été une boule de nerfs hyperactive, incapable de tenir en place ou de rester plus de vingt minutes à faire la même chose. Je déteste ne rien faire sauf depuis que j'ai découvert la méditation. Je ne suis pas devenue une spirituelle ultra-zen pour autant, mais j'ai appris à canaliser mes émotions à travers quelques exercices simples de relaxation. Ca m'a permis de lâcher prise et me libérer des énergies négatives, notamment en cas de crise d'angoisse ou d'insomnie (non sans avoir essayé avant tout un tas de cachets pas viable sur le long terme). Désormais, j'en viens à bout avec des enregistrements de paroles positives et rassurantes. Je me déconnecte du mental et de mes peurs en me focalisant uniquement sur mon énergie intérieure, connectée à celle de l'extérieur. J'essaie de me rappeler qu'il n'y a que l'instant présent qui compte et que mes angoisses passées ou futures ne sont réelles que parce que je les laisse l'être. 

De l'amour : Paradoxalement, c'est le cancer de ma mère qui m'a enseigné l'urgence d'aimer. Que ce soit l'amour de sa famille, de ses amis ou d'un amoureux. L'amour, c'est tout ce qu'il reste en fin de compte. C'est ce qui nous fait venir au monde, c'est ce qui nous maintient en vie et c'est le principal souvenir que l'on laisse derrière nous. J'étais très égoïste avant toutes ces épreuves et je pensais que l'amour était acquis, alors qu'il s'entretient au quotidien et qu'il se vit inconditionnellement. Je me suis rendue compte que j'avais souvent mal agi et je me suis promis de ne plus me vautrer dans la haine. J'ai appris à être reconnaissante des personnes merveilleuses qui m'entourent, j'ai dû en éloigner certaines autres, mais parfois il faut savoir renoncer à certaines choses pour laisser la place à d'autres. La vie est un perpétuel recommencement mais le fil conducteur c'est l'amour. Alors entourez-vous bien, aimez fort et donnez sans rien attendre en retour. C'est le seul moyen d'être sauvé.

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