Une méditerranéenne en exil à Paris


Pour une méditerranéenne pure souche comme moi, soyons honnête, venir m'installer à Paris n'a pas été une mince affaire et il y a encore énormément de petites habitudes parisiennes auxquelles j'ai dû mal à me faire... Pour ne pas dire qu'elle me font complètement hurler de rage.

1) Le parisien ne sourit pas : ce n'est malheureusement pas un mythe, croyez-moi j'aurais préféré pourtant. Les parisiens sont les gens les moins accueillants et les moins ouverts que j'ai jamais rencontré. Je ne vous parle même pas des gens dans le métro le matin qui préférerez vous trancher la jugulaire avec leur pass navigo plutôt que de vous décrochez un mot. 

2) Le ciel est gris souris : j'ai renoncé (difficile, je vous l'accorde) au soleil et à l'été, moi qui était une véritable addict des rayons UV, et je ne vous parle pas de ceux des cabines chez Point Soleil. Après plus de dix mois ici, je suis devenue aussi blanche qu'un cachet d'aspirine et j'ai dit adieu à ma centaine de paires de lunettes (ça ne m'empêche pas de continuer d'en acheter, évidemment, sait-on jamais avec le réchauffement climatique). Le plus difficile c'est l'éternel gris dans le ciel qui cache le soleil et plombe mon humeur dès le matin et pour tout le reste de la journée.

3) Le parisien a un langage bien à lui : ce qui fait qu'au début tu ne comprends pas grand chose aux conversations qu'ils entretiennent. Le parisien "chine", "gol-ri" (pas trop quand même) et va "dej"... Autant dire que je rêvais d'une version sous-titrée ou d'un décodeur pendant les premiers mois où j'ai vaguement tenté de me lier d'amitié avec des personnes qui définitivement ne parlaient pas la même langue que moi. 

4) Le parisien a l'habitude de perdre son temps : à faire la queue dans les magasins, à faire des trajets sans fin dans dans le métro ou encore en attendant dans les embouteillages coincé dans un taxi. Avant, je ne me déplaçais jamais si je mettais plus de vingt minutes pour arriver à destination, ici j'ai complètement perdu la notion du temps. Je mets 40 minutes aller et 40 minutes retour pour rentrer chez moi et même faire les boutiques me déprime quand je songe à la file d'attente en cabines ou à la caisse. Dieu merci, le parisien est malin (parfois) et sait se simplifier la vie. C'est donc pour ça, qu'on a inventé le shopping en ligne !

5) Le parisien n'est jamais tranquille : à Montpellier ou à Cannes j'appréciais de me retrouver seule à marcher dans les rues, à balader au bord de la mer avec pour seule compagnie moi-même et lézarder au soleil en toute tranquillité. Ceci n'est plus possible. A Paris c'est incompréhensible le monde est là, tout le temps partout. Comme s'ils s'étaient tous donné rendez-vous au même endroit. Exception qui confirme la règle : mon quartier passé 20 heures... Le 16e arrondissement n'est pas l'adresse la plus déjantée de la ville, je le reconnais ! 

6) Le loyer double, mais la surface elle diminue de moitié : j'ai tout simplement halluciné quand j'ai cherché un appartement à Paris entre les loyers hors de prix et les taudis insalubres qui sont sur le marché. Je ne vous parle même pas des garanties demandées par les agences immobilières, parfois j'ai l'impression que même le salaire de François Hollande ne suffirait pas à les rassurer. Comme la concurrence fait rage et que l'on se retrouve souvent une vingtaine de personnes sur le même appartement, autant dire qu'il faut montrer patte blanche... Heureusement je ne suis plus très bronzée et j'ai pu me trouver un appartement deux fois plus petit, au moins, que mon duplex à Montpellier pour un loyer, vous vous en doutez, bien plus élevé. 

7) Paris, capitale de l'agressivité : non seulement les gens sont toujours froids, distants et méprisants mais même la ville n'est pas franchement torride. Entre la misère ambiante dont tout le monde se fout et le froid glacial neuf mois sur dix, autant vous dire que survivre ici c'est parfois pire que Koh Lanta. Le parisien a l'habitude payer hors de prix des produits bas de gamme et se réjouit de s'entasser dans la dernier endroit à la mode comme dans une boîte de sardines. L'odeur est là même, je vous le confirme. 

8) La proprété de la ville est terrifiante : et presque inexistante. Entre la pollution et l'incivilité des gens, c'est rapidement Bagdad et quand les éboueurs font grève tu as l'impression d'être revenu au siècle dernier. Je n'ose même pas imaginer les gens qui ont le courage (ou la bêtise) de foutre un orteil dans la Seine, quand je vois que même l'eau du robinet est aussi trouble que moi un dimanche en after. L'eau calcaire est corrosive à tel point que même ma peau se dessèche et se transforme en lambeaux à son contact. Rassurez-vous, j'ai toujours adoré me badigeonner de crème hydratante et je ne suis donc pas vouée à disparaître dans l'immédiat. 

9) Le parisien aime badger : mais quelle est donc cette étrange manie de demander à montrer son badge à chaque fois que l'on arrive quelque part. Au boulot, dans le métro et même devant les portes d'immeuble il faut taper un code ou passer son badge. Mais pourquoi donc nom de dieu ? C'est insupportable cette collection de badge qui traîne dans mon sac, et le drame que cela engendre à chaque fois que j'en perds un. Et si la porte derrière moi s'est refermée, autant vous dire que c'est la fin des haricots dans mon petit cerveau de sudiste égarée. 

1o) Paris ou la folie des grandeurs : je ne sais pas si c'est moi qui suis trop petite ou si c'est la ville qui est trop grande mais je n'ai jamais passé autant de temps à me perdre dans les rues, le long des trottoirs où il n'y a jamais l'intersection au bon endroit et des routes en sens unique. Les monuments, les gens, les magasins, les lignes de métro... En fait il n'y a que les appartements où l'on vit qui sont petits ici... 

  

  

  

  

  

  

  

  


/!\ A tous les parisiens vexés qui n'auraient pas bien compris la démarche, cet article est à prendre au second degré, au moins /!\

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