Le chômage ou comment broyer ses rêves à la moulinette


Aujourd'hui, j'ai la rage…

1) Pôle emploi : ami ou ennemi ? 
Des fois je me pose la question. Cette énorme machine mal huilée anciennement appelée ANPE est-elle là pour nous aider ou pour nous descendre en flèche ? A chaque fois que j'ai rendez-vous avec mon conseiller, j'ai l'impression de me rendre dans le bureau du proviseur à l'époque où j'étais encore au collège. On est face à des gens pleins d'à priori et de mauvais jugements, qui doivent nous recevoir en quinze minutes chrono. On a l'impression de les faire chier (surtout si on est les derniers de la journée à passer car ils n'ont qu'une seule envie : celle de se carapater au plus vite) et de leur poser des questions auxquelles ils n'ont pas toujours les réponses. Ils n'en ont absolument rien à carrer des explications que vous leur donnez sur votre parcours, vos objectifs et vos motivations professionnelles. La seule chose qui les intéresse est soit de vous radier temporairement des listes de demandeurs d'emploi, soit de vous recaser dans un secteur dit "porteur" qui ne correspond absolument pas à votre parcours scolaire : pour bel exemple, avec ma licence de droit, mon master de sciences politiques et mon master de journalisme ; mon conseiller estime que je suis plus apte à postuler à un poste de serveuse plutôt que de journaliste, du fait de mes six mois d'expériences dans un bar à vin. Mes nombreuses années d'études ne serviraient-elles donc à RIEN aux yeux des membres indifférents de l'administration ?  

2) Du diplôme à l'emploi : une histoire sans fin ! 
Pendant des années, je me suis acharnée à être la meilleure élève aussi bien au collège qu'au lycée que lors des mes études post-bac. J'ai essayé de suivre les filières qui correspondaient le mieux à ce que je voulais faire, sans pour autant trop me spécialiser afin de rester assez généraliste au cas où je changerais d'avis en cours de route (et bien en fait non, je n'ai pas changé d'avis depuis que j'ai six ans à peu près je veux toujours faire la même chose : être journaliste) et bosser comme une dingue,  réviser lors des partiels, ficher mes cours comme une damnée ou encore tenter d'étayer au maximum ma culture générale pour finalement… galérer à attendre impatiemment cette première expérience que j'attends tellement. Car l'excuse favorite des entreprises est la suivante : comprenez bien que sans première expérience significative nous ne pouvons prendre le risque de vous embaucher ! Encore et toujours le même refrain qui sonne à mes oreilles. Je n'ai qu'une seule réponse à offrir à cette chanson là : mais enfin, si personne ne nous la donne cette fichue première expérience comment voulez-vous que l'on fasse nos preuves et que l'on vous montre de quoi on est capable ? 

3) L'insertion : cette belle excuse pour justifier bien des refus ! 
Depuis que je suis à la recherche d'un emploi, j'ai fait une assez belle découverte qui m'a rendu folle. L'autre jour je tombe sur une annonce qui me correspondait parfaitement, un poste intéressant et sympathique que j'aurai rêvé de décrocher. Je me présente à l'entretien et me voit opposer directement un refus sans appel. Pour cause ? Le contrat proposé est un contrat unique d'insertion (CUI) - contrat d'accompagnement dans l'emploi (CAE). En sont bénéficiaires les personnes reconnues par les institutions comme spécialement désavantagées dans la compétition pour l'accès à l'emploi (autrement dit les seniors, les bénéficiaires du RSA ou autres allocations spécifiques ou les prisonniers qui sortent de prison et souhaitent se ré-insérer). Autrement dit : pas moi, encore moins mon bac +5. Croyez-moi, je milite pour l'aide à l'insertion des personnes en difficultés, pour les jeunes de banlieues, et tout le toutim. Mais si j'avais seulement su qu'au lieu de mes longues études il fallait que je sorte de six mois de taule pour pouvoir prétendre à un poste qui me plaisait : je me serai sûrement moins fait chier dans la vie. 

4) Rester calme aux difficultés : 
Il est évident que je ne suis pas la personne la plus calme, ni la plus positive de l'univers. Mais mis bout à bout, les rouages administratifs qui vous freinent (perte de document, non traitement des dossiers ou conseil d'orientation qui n'ont rien à voir avec votre parcours), l'indifférence des entreprises (vous vous estimez déjà bien heureux quand vous recevez 25 refus en retour de vos 275 candidatures spontanées, il y a quand même 25 professionnels qui ont pris le temps de vous lire et de vous répondre), la difficulté du quotidien (la crise, le manque de moyen, un planning temps libre sans fin et du temps à tuer à ne plus savoir que en faire), le chômage peut rapidement vous rendre fou. Je n'ai pas l'impression de profiter du système ni de me faire entretenir par l'Etat. Loin de là. J'ai juste l'impression d'être une jeune diplômée noyée dans la masse et qui tente d'échapper à toutes les tentatives que l'on fait pour lui foutre la tête sous l'eau. Je demande juste à travailler : mais aujourd'hui je ne sais plus avec qui je devrais-coucher, qui je devrais soudoyer ou quel pot de vin je devrais verser pour trouver enfin un premier emploi qui correspond à mes diplômes. Je ne demande ni la lune, ni les étoiles. Je cherche seulement un emploi. Et croyez-moi c'est une guerre au quotidien. 

5) Attendre des jours meilleurs : 
Alors j'ai de la chance, je m'en rends compte quand même. J'ai une allocation qui me permet de subvenir à mes besoins principaux, j'ai de la chance d'avoir une maman et un amoureux qui m'aiment et me soutiennent du mieux qu'ils peuvent. Quand je pète les plombs car je ne trouve rien, quand j'ai envie de baisser les bras et tout envoyer valser, quand je doute, quand j'ai peur, quand j'angoisse… J'essaie de m'accrocher et de croire que moi aussi bientôt je trouverai le premier boulot qui me permettra de lancer ma carrière. En attendant, je meuble à fond mon temps libre dont je ne sais plus que faire et j'essaie (difficilement de rester positive). J'espère écrire très vite, une chronique bien plus positive que celles que j'ai écrit ces derniers temps! En attendant… 

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