Le jour où j'ai voulu passer mon permis...



1) La première leçon je suis monté côté passager : s’il y avait bien un signe qui n’allait laisser subsister aucun doute quant à ma médiocrité absolue en terme de conduite c’est bien celui-ci. Imaginez-vous que dès la première leçon de conduite je me suis tranquillement assise côté passager en attendant le professeur. Lequel professeur à été plutôt surpris de trouver l’élève à sa place. Non, monsieur je ne cherche pas à faire valoir mes très grandes capacités en terme de conduite qui me pousseraient à avoir la prétention de dire que je suis là pour prendre votre place c’est juste que, enfin, vous n’allez pas me laisser le volant quand même? Ah si ? Dès la première séance ? Vous souhaitez mettre fin à vos jours tout de suite ?



2) La première fois que j’ai pris le volant : panique à bord et confiance en soi qui frôlait le degré zéro... voir le néant absolu! Les mains tremblantes sur le volant, j’ai failli emboutir une voiture en sortant de la place -comment ça il fallait vérifier dans le rétro avant de braquer...? Bref, nous avons fait quelques mètres - suffisamment pour que le prof réalise à quel point l’apprentissage de la conduite allait être long et périlleux avec moi -point positif pour lui il a tout de suite vu qu’à 48 euros l’heure de conduite il allait amasser un joli petit pécule, et moi j’ai tout de suite compris que je n’allais plus m'acheter beaucoup de paire de chaussures avant un petit moment...



3) J’ai du changer de professeur : il faut savoir que je suis légèrement agressive quand je suis tendue... comme toutes les filles me direz-vous. Et que mon premier prof manquait cruellement de patience -à sa décharge c’était légitime, moi même je me serai collée des baffes pendant les leçons tellement je ne comprenais pas un kopeck aux conneries qu’il me débitait. Bref, nous avons eu de violentes disputes au volant, tel un petit couple sur le déclin, heureux de se détester et au bord de la rupture. Ce que nous avons fini par faire, avec pertes et fracas, après une réflexion de trop sur ma façon de conduire un poil trop lente et légèrement peu assurée... Sur ces entrefaites j’ai tout bonnement décidé de sauter de la voiture et rentrer à pied jusqu’à l’auto-école. S’il était si sûr de lui et sa façon de conduire, il n’avait qu’à prendre le volant. Ce qu’il a fait, bien sûr. Et je me suis retrouvée à rentrer à l'auto-école en stop. 



4) Je cédais toutes les priorités : Dieu merci, les séances d’après j’ai pu avoir un autre professeur. Adorable et gentil, patient et pédagogue. Sans lui, c’est sûr je n’aurais jamais, je dis bien jamais eu mon permis -car oui, fait impromptu et incompréhensible j’ai quand même réussi à l’avoir ce permis, un des mystères insoluble de la vie. Alors merci Patrick de m’avoir supporté moi et les priorités que je cédais à tout va. Même et surtout lorsqu’il ne fallait pas les céder : par exemple à un véhicule qui arrive par la gauche alors que je suis sur la route principale, ou à un petit vieux qui veux traverser en dehors des passages prévus à cet effet -comment ça le déambulateur nous fait perdre un temps fou dans la circulation et bloque toute la route? Inutile de vous préciser que je haïssais les ronds-points... dans lesquels je mettais bien sûr plusieurs minutes avant d’oser m’y engager et que je ne savais jamais comment quitter. Oui, nous avons plusieurs fois fait le tour des giratoires -ah ah ce mot m'a toujours fait rire qui emploie vraiment ce terme dans la vie de tous les jours- comme deux imbéciles en attendant que j’ose enfin me dégager du carrefour en question. D’une patiente infinie ce Patrick, quand même.  



5) Je n’ai jamais été capable de klaxonner : non pas que je sois d’une gentillesse exemplaire -ou en tout cas pas au volant. J’étais d’ailleurs tout à fait capable d’insulter les autres conducteurs -je ne suis pas une femme pour rien, moi aussi je hurle au volant. Par contre je trouve le Klaxon un poil trop agressif. En plus, il aurait fallu lâcher le volant d’une main pour klaxonner de l’autre, bref c’était trop me demander je préférais râler dans mon coin. A tel point, qu’un jour ulcéré par le comportement d’un autre usager de la route -queue de poisson bonjour! Patrick à klaxonner pour moi... Surprise -dans le mauvais sens du terme, j’ai sursauté, poussé un cri et lâché toutes les commandes. On a failli percuter l’arbre qui arrivait un peu trop vite en direction de mon pare-brise. Comptez sur Patrick pour sauver le tout, je lui ai fait promettre de ne plus klaxonner à mon insu. Ou au moins de m’en informer avant, que j’ai le temps de m’y préparer psychologiquement.



6) J’ai embrayé avec le pied droit : je pense que c’est là, la plus grosse faute que j’ai pu commettre lors de mes nombreuses heures de torture, pardon! de conduite... Suis-je la seule à n’avoir jamais réussi l’exploit d’embrayer avec le pied droit? Et freiner avec le pied gauche bien sûr... Oui j’ai croisé mes pieds pour utiliser les pédales. Je suis un cas désespéré.



7) J’ai accéléré au stop : on va dire que j’ai toujours eu un problème de synchronisation avec mes pieds et qu’en plus je confonds la droite et la gauche. Et puis je détestais les pédales de toute façon, ou les commandes d’une voiture de manière générale. Bref, toujours est-il qu’au début j’ai eu vraiment du mal à tout gérer. L’embrayage m’a bien fait galérer... et surtout j’accélérais tout le temps au lieu de freiner -je confonds toujours confondais les deux. Patrick était plutôt content au début, puisque je me trainais à la vitesse de l’escargot en permanence -pas de problème d’excès de vitesse avec moi, ça c’est sûr. Là où il a été moins content c’est quand on a croisé un premier STOP. Et que j’ai accéléré au lieu de freiner. Comme moi, je pense qu’il a vu sa vie défiler en avisant le camion poids lourd qui arrivait en notre direction.



8) Je suis passé de la cinquième vitesse à la seconde : la boite de vitesse et moi, quel doux souvenir -ou pas. Je ne sais pas pourquoi je m’obstinais à vouloir aller trop vite quand il s’agissait de passer les vitesses. Et surtout, l’erreur récurrente que je commettais était de vouloir passer de la cinquième à la seconde en embrayant une seule fois... Aux sorties de l’autoroute par exemple où j’ai failli faire exploser la boite de vitesse -très mauvais apparemment de passer de la cinquième à la seconde en un tour de main. Mais à ma décharge, ce n’était pas ma faute. Vous avez déjà remarqué à quel point il est facile de rater la quatrième vitesse quand on veut débrayer de la cinquième? Moi j'atterrissais toujours systématiquement à la seconde. Promis, si un jour je conduis, j'achèterais une voiture automatique.

9) Je n’ai jamais passé la troisième vitesse le jour de l’examen : après des heures et des heures de leçons, il a bien fallu que je le passe ce fichu examen. Poussé par le moniteur bien sûr, parce que si la décision n’avait tenu qu’à moi je serai sûrement toujours en train d'aligner pour ma mille sept cent soixante douzième heure de conduite... bref je n’étais vraiment pas prête mais finalement je l’ai quand même eu ce fichu permis! Voyez, tout espoir n’est pas perdu pour vous autre. D’autant plus que : je n’ai jamais dépassé la troisième vitesse le jour de l’examen. Eco-conduite, respect des règlementations de vitesse tout ça tout ça ce sont des super excuses pour les gens comme moi qui ont seulement peur de tuer tout ce qui passe sur la route s’ils vont trop vite dans leur petite voiture. 



10) J’ai essayé de dévisser le phare : dernier exploit juste pour rire. Arrive toujours le moment théorique de l’examen. Sensé être pour moi la partie la plus facile à passer -j’avais appris le bouquin par coeur et je connaissais mon code sur le bout des doigts. Bref, sauf si l’examinateur me demandait de changer la roue j'étais prête, la vieille légende urbaine qui fait toujours flipper... Auquel cas j’aurai tout simplement répondu : appeler une dépanneuse et payer quelqu'un pour changer la roue avant de me lancer dans quelques démarches techniques que ce soit. Je suis une fille, mince! Bref, pour le coup il m’a simplement demandé comment je m’y serai prise pour changer l’ampoule d’un phare qui aurait grillé... Et vu sa mine atterrée quand j’ai essayé de dévisser le phare en lui tournant autour comme une poule qui aurait trouvé un couteau j’ai compris que c’était loin d’être gagné pour moi. 




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