Ma Vie à Paris #3


10 bonnes raisons de ne pas prendre le métro :

1) Quand tu rentres dans le métro et que tu repères une place vide : ladite place étant bien sûr convoitée par les quinze autres personnes de la rame qui l'ont remarqué aussi. Et là, c'est la guerre et toi, tu deviens alors tout ce que tu déteste, c'est à dire une personne cruelle et sans remords prête à tout pour pouvoir poser tes fesses sur ce siège. Sauf que tu n'assumes pas vraiment après, le regard larmoyant et miséreux de la pauvre dame âgée debout et vacillante qui se cramponne comme elle peut à la barre du métro. 

2) Quand tous les matins tu dois courir pour ne pas rater le métro : parce que tu arrives toujours en même temps que le métro, quelque soit l'horaire auquel tu décolles de chez toi le matin. Tu aperçois le panneau qui indique 00 minutes : sauf que le temps que tu sortes ton pass navigo et que tu te rues sur le quai il est souvent bien trop tard. Tu te retrouves donc essouflée et décoiffée, l'égo en vrac et la mine morne, prête à attendre le métro suivant : prochaine correspondance dans 4 minutes.

3) Quand par miracle tu arrives en avance sur ton métro : mais que manque de bol ta rame est pleine à craquer. Dans un fol espoir tu te diriges vers la rame suivante qui tarde à se remplir sauf que bien sûr, il serait trop beau que tu puisses monter dedans, elle est pleine elle aussi. Le temps que tu avises une autre rame, l'alarme sonore se déclenche et les portes se referment sur ta mine dépitée. Bref, tu n'as plus qu'à attendre le métro suivant. 

4) Quand un fraudeur essaie de passer avec toi le portillon d'entrée : sans te demander ton avis. Bien sûr, tu es chargée et tu peines déjà toi même à faire tournicoter le portique. Courageuse et armée, ton sac au bras et ton navigo validé tu te lances et te trouves bloquée : bien sûr à deux il semble difficile de manoeuvrer le tourniquet sans synchronisation préalable de vos mouvements. Et là, tu te fais engueuler par ledit fraudeur à cause duquel tu te retrouves bloquée entre deux barres de fer, la respiration coupée et le souffle court tu l'entends te hurler dessus à quel point tu as été lente et incapable. Toujours agréable quand tu paies les yeux de la tête un abonnement mensuel. 

5) Quand tu dois faire ton changement à Châtelet : et que tu sais que tu vas devoir marcher huit minutes pour choper ta correspondance. Correspondance que tu auras bien évidemment louper parce que tu te seras perdue dans les dédales souterrains. Prise au piège d'un labyrinthe énigmatique où tu aperçoit vingt-six indications pour récupérer toutes les lignes de métro, sauf la tienne. Un conseil : évitez les changements à Châtelet. Ou dans les gares. Ou plutôt, évitez les changements tout simplement. 

6) Quand tu es prise dans le flot de la masse : et qu'une véritable marrée humaine t'emporte sur son passage et que tu suis frénétiquement les autres autour de toi. Sans vraiment avoir le choix de ton itinéraire ni aucun contrôle sur les mouvements de ton corps, forcée par la synergie de la foule autour tu te retrouves engouffrée dans une rame de métro dont tu ignores encore la destination. En consultant la carte, une fois le métro parti, tu réalises bêtement que tu n'es pas dans la bonne direction. 

7) Quand tu es forcée de descendre à l'arrêt suivant : sans savoir comment récupérer le métro d'une ligne qui pourrait éventuellement te remettre sur le droit chemin. Et que ton smartphone tombe en rade de batterie. Et comme tu empreintes toujours les mêmes lignes, et que tes connaissances en dehors de celles ci sont plus que relatives, tu es comment dire... Dans la merde. 

8) Quand tu demandes ton chemin à un agent de la RATP : et qu'il te répond aimablement qu'il est contrôleur/conducteur/agent d'entretien, ou toute autre situation dont la fonction ne lui permet en rien de t'indiquer ton chemin. Tu es à deux doigts de l'étriper mais tu essaies de garder ton calme après tout la journée ne fait que commencer.

9) Quand tu es coincée dans une rame : entre deux arrêts et qu'ils effectuent soudain une coupure de courant inopinée. Ou quand ton métro reste bloqué à quai pour cause de colis suspect sur les rames. Mais que personne ne bouge dans le métro, pas paniqué pour un brin alors que la police est en train d'intervenir. Une bombe pourrait exploser à tout moment que les gens resteraient quand même prostrés sur leurs sièges dans l'attente d'un départ imminent. Hallucinée et béate, tu fais comme tout le monde et tu restes impuissante à attendre le rétablissement du fonctionnement de ta ligne. 

10) Quand de toute façon tu n'as pas vraiment d'autre choix : que d'effectuer une heure et demi de trajet sous terre (quand tout va bien) tous les jours de la semaine. Parce qu'en bus tu serai forcée d'affronter les embouteillages, en scooter tu risquerais ta vie à tout instant, et qu'en voiture tu ne pourrais pas te garer. La mort dans l'âme et armée de ton bouquin spécial métro, tu te surprends à rêver du jour où tu pourras amortir un abonnement en taxi et que tu n'auras plus à supporter l'accordéoniste qui joue faux tous les matins, le vieux beau qui pue, le clochard alcoolisé ou encore les discussions futiles de tes voisines fan de Nabila. 

  


  

  

  

  

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