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On y vient surtout pour découvrir les magnifiques Nymphéas dont le peintre Monet a fait don à la ville de Paris, au lendemain de la guerre 14-18. Un véritable testament artistique, aboutissement de toute une vie, censé apaiser les parisiens en leur offrant un havre de paix par leur simple contemplation. Encore faudrait-il que le vestibule qu'il a dessiné ne soit pas pris d'assaut...

N'en rajoutons pas, les huit tableaux ainsi exposés sont franchement magnifiques et c'est vrai que l'espace dégage quelque chose de particulier. Mais c'est surtout le sous-sol qui nous a marqué. Désolée, Monet ! Le niveau - 2 regroupe la collection de Jean Walter et Paul Guillaume et fait la part belle aux peintures de Renoir et Cézanne, qui ont si bien su immortaliser de leur pinceau la splendeur du sud de la France. 

Viennent ensuite les tableaux de Rousseau, Modigliani et Laurencin ainsi que Matisse et Picasso. Pour finir, les oeuvres puissantes et tourmentées de Maurice Utrillo et Chaïm Soutine qui nous a franchement laissé sans voix avec son splendide "Dindon et tomates".

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Musée de l'Orangerie

 

Je me souviens de la première fois où j'y mis les pieds au Palais de Tokyo. Je m'attendais à un musée tout ce qu'il y a de plus classique et, forcément, je n'ai pas été déçue du voyage. J'étais ressortie de là complètement déboussolée, presque énervée d'avoir payé pour me demander si l'extincteur posé au milieu de la pièce faisait partie de la pseudo-oeuvre d'art exposée, ou non - il s'avérait que non, au final - et je m'étais dit que, plus jamais, j'y retournerai. 

Mais comme il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, et que les goûts et les couleurs changent quand on grandit, j'ai fini par y revenir. Il y a quelques mois, on s'est fait l'exposition Carte blanche - qui n'avait d'exposition que le nom - et je m'étais réjouie de pouvoir discuter et philosopher sur des thèmes complètement éloignés de ce quotidien parisien qui m'insupporte. Ça m'a réconciliée avec le lieu, et quand j'ai vu qu'une nouvelle exposition était organisée ce mois-ci, j'étais ravie. 

Mieux encore : j'étais terriblement excitée à l'idée de découvrir les installations loufoques et décalées que j'allais y découvrir. Et je n'ai pas été déçue cette fois-ci, puisque je venais justement pour ça. Le Palais de Tokyo sort toujours des sentiers battus, c'est souvent complètement incongru et c'est pour ça que j'adore : parce que chacun y voit ce qu'il a bien envie d'y voir. Et qu'on y passe souvent un très bon moment car il n'est pas pris d'assaut, qu'il est tellement spacieux qu'il en devient aérien et que, en apparence, rien ne rime à rien. 

Du 3 février au 8 mai prochain, le Palais de Tokyo met en avant un groupement d'exposition qui, officiellement, "interroge le pouvoir parfois absurde que nous avons sur les objets". En réalité, il faut vraiment se creuser la tête pour comprendre ce que les artistes veulent montrer mais c'est moderne, original et toujours inattendu. On y trouve de tout, des oeuvres en images ou sonores, des films et autres installations loufoques, des reportages,  des projections ect.

Taro Izumi présente des sculptures capables de recréer les postures parfois acrobatiques de sportifs en plein action (parodie des corps), Mel O'Callaghan présente un reportage sur les hommes du nord-est de Bornéo qui partent dans les grottes de Gomantog pour la traditionnelle récolte de nids d'oiseaux (qui s'avère être un véritable rituel local pour prouver leur virilité), tandis qu'un autre volet est consacré au regard de mâchines pleines d'amour et de grâce (enfin pas toujours). Et bien sûr : mention spéciale à Abraham Poincheval qui a passé 13 jours dans un ours reconstitué et 1 semaine dans un rocher et s'apprête à couver des oeufs devant le public (dès le 29 mars je crois et jusqu'à éclosion). Je ne manquerai ça pour rien au monde !

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Palais de Tokyo : Itinéraire d'un amour



La victime, coupable idéal ? Chaque fois que des gens abordent le sujet, c'est souvent la même réflexion qui revient - et qui a le don de m'horripiler au plus haut point - à savoir que la personne victimisée par ses camarades de classe serait forcément responsable de l'acharnement dont elle souffre. Comme si on se levait le matin en se disant 'Tiens, si je devenais le souffre douleur de toute ma classe!'. C'est justement contre ce préjugé que j'aimerais lutter, les personnes harcelées scolairement ne sont absolument pas responsables de la méchanceté et des atrocités que les autres lui infligent, au quotidien. C'est la solution de facilité que d'accuser la personne exclue, plutôt que de mettre en cause la responsabilité de l'établissement scolaire, des professeurs qui ferment les yeux, des parents qui nient avoir élevé des monstres et tous les autres passifs, qui regardent sans réagir, qui tournent la tête et font semblant d'ignorer. Non, personne ne demande à se rendre tous les matins à l'école la boule au ventre, pour être tyrannisé, insulté et humilié.

Comment se construire après ça ? Après les brimades, les injures, les coups parfois. L'acharnement en permanence. Et à mon époque, il n'y avait pas encore les réseaux sociaux, l'harcèlement s'arrêtait aux portes du collège ou du lycée. Aujourd'hui je n'ose même pas imaginer, l'enfer qui s'abat sur vous en permanence que vous soyez en classe, chez vous ou dans la rue. Et je comprends que certains cèdent à la pression. Les victimes grandissent avec un sentiment d'infériorité, de honte, de peur. La terreur les envahit et elles se réfugient dans le silence, dans l'auto-descruction et se replient sur elles-mêmes. Et le piège se referme. Après, le pli est pris et on traîne sa toute sa vie, comme un boulet. Les autres deviennent une menace potentielle permanente et on tombe facilement dans l'agressivité, même quand le danger est écarté. On met notre armure et on sort nos piquants parce qu'on a appris à grandir en se protégeant des agressions plutôt qu'en aimant en toute légèreté. 

Les enfants sont cruels, les adultes ne le sont pas toujours moins : Les enfants ne savent pas ce qu'ils font, il paraît. Moi, je crois que certains voient très bien la douleur, la souffrance et la peine qu'ils infligent. La raison de leur comportement malsain, je l'ignore, mais il y a quand même des adultes qui sont responsables de laisser faire sans rien dire. Ils ne sont pas armés, paraît-il, pour lutter contre ça. Pourtant les victimes doivent l'être assez pour endurer sans craquer. Alors que toutes les raisons sont bonnes pour se faire harceler, que l'on soit trop différent, trop intelligent ou pas assez, trop petit ou trop grand, trop timide ou extraverti. Il y a toujours quelque chose, les enfants sont pleins de ressources c'est pour ça que les adultes en face sont censés leur mettre des limites. 
Je dis bien "censés". 

La revanche est un plat qui se mange froid : Ce que j'aurai aimé qu'on me dise pendant toutes ces années où je me suis cachée dans les toilettes pour éviter les attaques des autres, tous ces matins où je suis arrivée à l'école la boule au ventre et où je suis rentré chez moi en pleurant ; c'est que la roue tourne. Les populaires du lycée sont souvent les ratés de la vie d'adulte, que les losers de l'époque ressortent gagnants de tout ça. Pas sans souffrance ni séquelle, mais mieux armés. On a appris à se protéger et à se battre et on a la rage de vaincre. On veut montrer aux autres ce dont est capable. Regardez, regardez ce que vous avez fait de moi. Vous avez essayé de m'abattre, mais ce qui ne me tue pas me rend plus forte. C'est en partie grâce à vous si je suis devenue celle que je suis aujourd'hui, et encore vous n'avez encore rien vu. La roue tourne, lentement, mais sûrement et j'ai bien ri, ce jour où j'ai appris qu'un de mes anciens bourreaux était allé quémander du boulot auprès de ma famille. Qu'on ne lui a pas donné, bien sûr. Après toutes ces années à chialer, c'est à mon tour de rigoler.

Photo : Benoit Tourrier 

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De l'impunité du harcèlement scolaire


Petite déception cette semaine au musée des arts décoratifs où se tient actuellement l'exposition Tenue correcte exigée, quand le vêtement fait scandale. Nous avons eu la bonne idée d'y aller en nocturne, et heureusement parce que je crains que la surpopulation du week-end nous eût été fatale.

Près de 300 tenues, accessoires, portraits et autres petits objets sont exposés pour démontrer comment le vêtement est parvenu à s'émanciper jusqu'à casser la norme vestimentaire au fil des âges. Depuis les robes de princesse jusqu'aux smockings pour femmes sans oublier les jupes pour hommes, la mode défile sous les yeux du visiter qui risque de rester sur sa faim. Et pourtant, on en attendait beaucoup (trop peut-être?) !

J'ai regretté que l'exposition soit organisée sous trois grands axes plutôt que de manière chronologique, résultat : dur de suivre le fil qui a tendance à s'éparpiller un peu partout. Les tenues sont sympathiques mais hormis deux ou trois marquantes, il n'y a rien de bien époustouflant, et c'est dommage. L'exposition est en revanche très ludique avec des jeux pour enfants et la diffusion de quelques films et publicités vintage, malheureusement mis à la suite les uns des autres sans ordre logique apparente...

Bref, heureusement qu'il n'y avait pas grand monde car aux heures de pointe je n'ose pas imaginer la cohue et le manque de visibilité d'autant que l'exposition est plongée dans la pénombre. Le musée des arts décoratifs nous a habitué à mieux, même si la découverte du lieu en mode nocturne fût sympathique. L'exposition se tient jusqu'au 23 avril 2017.

  

 


 

 


 

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Tenue correcte exigée, quand le vêtement fait scandale